République irréprochable

Vous connaissez le "Casse-toi pauv'con" de Sarkozy.


Sarkozy au salon de l'agriculture
envoyé par paola38

Vous connaissez sans doute aussi le "Salope" de Devedjian.

Il y a eu également le "Charognards !" de Rama Yade.

Peut-être, si vous êtes particulièrement bien informé, avez-vous eu connaissance du "Quel imbécile" adressé par le promoteur de "la morale à l'école" à David "Tête de gland" Martinon.

Quid du "tocard" envoyé par Panafieu à Delanoë ?

Enfin, avez-vous pris connaissance du "Ta gueule ! Va te faire foutre pétasse !" de Jacques Peyrat, maire apparenté UMP de Nice ?

Citons ici quelques phrases de la meilleure plume du Canard Enchaîné, Jean-Luc Porquet :

"C'est dire à quel point nos gouvernants sont spontanés [à propos des justifications au "dérapage" du Président par ses sous-fifres, censé être une "réponse d'homme à homme", "une conversation privée", un langage de "transparence", "sans hypocrisie"], couillus, francs du collier et gueulards comme l'est le populo... Ou du moins comme ils s'imaginent qu'est le populo.

Ce ne sont donc pas de simples dérapages verbaux auxquels ils se livrent depuis quelques semaines. Mais une volonté de communier avec la France d'en bas.

[...] Bref, on se lâche, on se débonde, on se desserre la ceinture. Et il ne s'agit pas là d'extrême nervosité, oh non, cela n'a rien à voir avec la retentissante gamelle de Sarkozy dans les sondages, ni avec cette impression de ratage généralisé, cette atmosphère de débandade d'avant les municipales. Il ne s'agit pas de se mettre à insulter tous azimuts tous ceux qui n'applaudissent pas le spectacle du Sarkocircus, journalistes, opposants politiques, simples citoyens. La preuve : les insultes sont punies de prison. Ainsi le manifestant qui, en 2004 au Forum des Halles à Paris, avait lancé à Sarko : "Retourne en Chine, espèce de Hongrois !", s'était pris 1 mois ferme. Idem pour celui qui, l'année d'après à Strasbourg, avait crié : "Sarkozy, va niquer ta mère !" et 4 mois pour celui qui, à Aubagne, avait lâché "Je nique Sarko, le fils de pute." (Note de Sabotage : Au-bagne ! hu hu hu). Ça, c'étaient de vraies insultes puisqu'elles ont été punies par la loi. "Pauvre con", "charognard", "tocard" et autre "salope" sont juste des déclarations d'amour à la France entière." (Canard Enchaîné du 27/02/08)

Et ensuite, les juges qui vont mettre au trou un type pendant 4 mois parce qu'il a insulté Sarko veulent qu'on les regarde en croyant vraiment au concept de "justice"... C'est beaucoup demander ; nous, en tous cas, à Sabotage, l'idée de "justice", non, on y croit pas, du tout.

Pour ajouter au ridicule et à la cocasserie de Sarkozy, voici ce que ce-dernier vociférait, lors d'un discours adressé à la police, à la Grande Arche de la Défense, le 29 novembre 2007 : "Pas de familiarité, de la tenue, respectez les gens. (…) Mais pensez à cela, chaque minute : vous portez un uniforme, vous êtes les représentants de l’Etat, vous devez avoir une éthique, vous devez être exemplaires. Et c’est très important, pas de fenêtre ouverte dans les voitures de patrouille avec le bras qui pend, pas de tutoiement, du respect. Respectez les autres et vous serez respectés. Je sais bien qu’on vous insulte, mais on ne combat pas les voyous avec les méthodes de voyous !". C'est-y pas beau, une Restauration Nationale...

L'épisode n'est pas sans rappeler une autre anecdote : à la sortie du livre d'Alain Badiou, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, des adeptes du Guide ont été bouleversé par l'odieuse terminologie employée par le philosophe à l'endroit de Sarkozy : "L'homme aux rats" ! Et ces virils malabars de renvoyer Badiou au "stalinisme", à l'antisémitisme, à l'invective pamphlétaire, au raciste de la pensée, à l'intolérant totalitaire. L'homme aux rats ! Comment accepter qu'un gauchiste insulte et méprise de façon aussi répugnante la fonction et la personne de Nicolas Sarkozy ? Intolérable !

C'est oublier un peu vite le langage de marcassin de caniveau que le même Sarkozy emploie, non seulement avec ses ennemis (Villepin, Chirac, Debré, et tous les autres) mais également avec ses collaborateurs. La lecture de "la mare aux canards" dans le Canard Enchaîné renseignera utilement les loutres cocaïnées qui hurlaient au blasphème antiprésidentiel et au crachat "rappelant les années sombres de la presse des années trente", pour reprendre la formule consacrée, à la sortie du bouquin de Badiou.

1 commentaire:

Criticus a dit…

S'indigner d'insultes, c'est plutôt politiquement correct pour un blog de gauche radicale, vous ne pensez pas ?