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Sabotage
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21.10.08
Pavés dans ta gueule : Education des instincts répressifs, Tuez le flic qui est en vous
La prison est "une anomalie, un cancer diffusant ses métastases dans l’organisme sociétal"
Petit rappel : dans le même temps, la "remarquable" et intelligente Rachida Dati veut abaisser la majorité pénale à 12 ans (y a-t-il une réponse plus pertinente aux suicides des 16-17 ans à Metz ou à Strasbourg ?).
"La prison, de par sa nature profondément criminogène, est nuisible et dangereuse pour la société toute entière car elle engendre et relâche des hommes et femmes dont le traumatisme est si grand que leur métamorphose empêche tout retour à la vie sociale dite « normale ». Violences, récidives, dépressions, suicides, toxicomanies, alcoolismes, inadaptations, dangerosités, troubles psychiatriques etc.… voilà le véritable bagage que tout condamné emporte avec lui à la fin d’une peine. Et on imagine, avec tous ces ingrédients, les conséquences désastreuses et les dégâts que cela peut avoir sur le monde extérieur. [...]
La véritable dangerosité ne provient donc pas des détenus mais de la prison elle-même ! En réalité c’est elle qu’il faudrait réinsérer, car elle est une anomalie, un cancer diffusant ses métastases dans l’organisme sociétal !
La prison, telle qu’elle est conçue aujourd’hui, n’est pas là pour réadapter ou réparer mais pour punir et détruire le prisonnier ! Et si ça on ne l’a pas compris, ce n’est pas la peine de chercher un antidote au problème. Il faut réformer totalement le monde carcéral de fond en comble et pour cela il faudrait des moyens colossaux que nous n’avons pas.
La seule solution sécuritaire, même si elle est la plus facile à mettre en place, est une erreur monumentale, car plus la sécurité sera augmentée au sein des détentions, plus la violence y sera à l’étroit et plus elle y sera explosive et barbare. C’est une équation implacable que l’on a d’ailleurs pu constater dans l’exemple criant des prisons américaines type « super max » (de haute sécurité). Dans ces établissements, où souvent aucun espoir de sortie n’est permis, les meurtres entre gangs, entre détenus sont d’une sauvagerie impitoyable, ce qui prouve bien l’inefficacité d’un système sécuritaire pour endiguer la violence carcérale, au contraire cela ne fait que l’exacerber. (Voir à ce sujet la très instructive série documentaire de National Géographique sur les prisons US).
Si l’on voulait transformer les hommes en animaux prédateurs et les prisons en usines à récidivistes, on ne s’y prendrait pas autrement.
Mais alors qu’elle est la solution ?
Hé bien sachez qu’il n’y en a pas ! Car, nous le savons, tout le monde se fout éperdument de ce qui peut bien se passer dans les prisons et puis avec quel gouvernement, quel argent va-t-on se décider une bonne fois pour toute à prendre le taureau par les cornes ?
Oui je suis très pessimiste et je pense que l’orientation se fera sur le modèle américain : constructions de nouveaux établissements haute sécurité, allongement des peines, perpétuités réelles, rétentions de sûreté, et tout un arsenal juridique toujours plus absurde, toujours plus répressif. Le carcéral finira, comme tout le reste, par devenir un bisness, et on y gérera la violence comme on gère une société qui gronde, cela avec toujours plus de flics, toujours plus de rétorsions, toujours plus de lois, toujours plus de règles, toujours plus de répression…de toute façon à cause de la crise mondiale, les sociétés, à moins d’une révolution soudaine qui nous sauverait peut-être, sont en passe de devenir des prisons à ciel ouvert, mais vous ne le savez pas encore. Le jour où vous vous en rendrez compte, bien installé au fond de votre canapé, vous saurez ce que veulent dire les mots « arbitraire », « abolition des droits », « privation de liberté » « surveillance » « fichage » « contrôle » car on y viendra tout doucement jusqu'à ce qu’un jour, vous fassiez vous aussi partie « d’une espèce à part »…
Vous devriez tous, dés maintenant, vous sentir concernés et vous inquiéter des problèmes liés au monde carcéral, car, sachez-le, celui qui s’est fait égorger et qui s’est retrouvé seul face à un tueur psychopathe n’était incarcéré que pour un petit délit routier...
Demain, qui sait, en prenant le volant de votre véhicule, vous pouvez causer un grave accident et vous retrouver illico en prison, cette fosse à purin qui vous dégoûte tant aujourd’hui, et à ce moment là qui vous protégera au fond de votre cellule face à ceux que vous avez si bien ignoré ?... De nos jours plus personne n’est à l’abri, cela mérite réflexion, non ?..."
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Sabotage
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13.10.08
Pavés dans ta gueule : Education des instincts répressifs, Pourquoi faudrait-il punir ?
Scoop : Le Parquet donne raison à Jean-Marc Rouillan !
Dans l'affaire ultra-actuelle qui concerne Jean-Marc Rouillan, la débilité délirante de l'institution s'est fait jour avec la rapidité et l'ostentation d'une déflagration "terroriste".
Tout le monde le sait, JMR n'a pas le droit de parler des affaires qui l'ont conduit à passer plus de vingt piges en taule. En conséquence, lorsque le journaliste lui pose une question sur ce point, il répond, à la lettre : "Je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Mais par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique."
Traduction à l'usage des journalistes, des vengeurs masqués et du Juge d'application des peines qui a renfermé Rouillan au mitard :
- Je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus = je n'en parle pas.
- Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse = il ne s'exprime pas, et cette non-expression, ce silence, contient du sens. Mais c'est une non-expression.
- Si je crachais sur AD, je pourrais m'exprimer = "si" introduit ici un conditionnel. Cela veut que JMR explore une possibilité hypothétique sans la faire coïncider à "sa" vérité.
- On empêche de tirer un vrai bilan critique d'AD = je n'ai définitivement pas le droit d'en parler.
Au total, donc, Rouillan ne parle pas, il ne parle JAMAIS des affaires sur lesquelles il a l'obligation de garder le silence, à savoir les assassinats de Besse et du général, ou des attentats divers d'AD.
Aussi, la suspension provisoire de sa liberté conditionnelle ne peut en aucun cas se justifier par la transgression de cette obligation de silence. Nous sommes donc en présence d'une justice qui outrepasse très clairement le droit et qui fait preuve d'une sévérité aussi névrotique que stupide.
On comprend que ce qui gêne les justiciers fascistes et les droitards de tous bords, ce n'est pas que JMR ait évoqué les affaires d'AD puisqu'il ne l'a pas fait. Ce qui choque le peuple hargneux des honnêtes gens, c'est qu'il semble ne pas regretter ses actes. Voilà ce qui les fait s'étrangler de haine. A ce titre, ils détournent l'obligation de silence en prétextant qu'elle est transgressée (ce qui est objectivement faux) pour remettre le non-repenti derrière les barreaux.
Et voici qu'intervient, donc, notre "Parquet", dans sa très profonde intelligence. Rue89 l'annonce : "Le parquet, lui, devra faire valoir qu'il a non seulement enfreint l'obligation de silence qui lui incombait, mais aussi que par cette interview, Jean-Marc Rouillan assume le passif d'Action directe. Voire qu'il y fait l'apologie du terrorisme".
Arrêtez-nous si on se trompe. Mais le "Parquet" a l'air de mentir. Rouillan n'a pas enfreint son obligation de silence. Il n'a pas assumé le passif d'AD. Il n'a pas fait l'apologie du terrorisme. Et sur ces trois points, en violation manifeste de la réalité, le parquet fait croire le contraire.
Le Parquet et les braves gens honnêtes voient dans Rouillan la créature maléfique qu'ils veulent y voir. En déformant les non-propos de Rouillan, en les étirant comme les détenus étirent leurs draps pour se pendre en cellule, ils réalisent leur fantasme d'un JMR diabolique. Pour ces gens là, pour la droite en général, criminel un jour égale criminel toujours, on le sait bien. C'est dans les gènes de Rouillan d'être un "terroriste".
Qu'ils sont naïfs, les petits procureurs qui ont le pouvoir : ils voudraient que le détenu qui a purgé 20 piges sans broncher "regrette ses actes". La justice nous fera toujours rigoler. Dans l'esprit tordu des droitards, l'enfermement est censé provoquer l'amende honorable. Il faudra expliquer que, face à une justice pénale aussi cruelle qu'arbitraire, peu nombreux sont ceux qui regrettent leur acte. Ils regrettent plutôt de s'être fait choper.
La justice ne se contente pas d'enfermer (ce qui est une torture), elle exige aussi qu'on tire parti de cette torture, qu'on en jouisse et qu'on finisse par s'en réjouir. Elle veut punir, mais aussi que le puni accepte sa punition.
Comme le note magnifiquement Catherine Baker, "On attend du prisonnier une entière collaboration. Il donne ainsi pleinement raison à l’institution [...] ! Le condamné doit faire sien le jugement qu’a prononcé contre lui la société, s’y rallier de toute sa bonne volonté. Cette joyeuse obéissance peut être une comédie, là n’est pas la question, ce qu’on veut obtenir du détenu, c’est qu’il montre qu’il est capable comme tout un chacun de spéculer sur l’évolution de son prix. Ceux qui refusent de coopérer feront plus d’années de prison" (Pourquoi faudrait-il punir ?).
Le Parquet, en renfermant Rouillan, lui donne raison sur toute la ligne : oui, tu n'as pas le droit de t'exprimer ; oui on t'y autoriserait si tu crachais sur AD. Et maintenant, ta "dangerosité" de "terroriste" va être examinée sérieusement, sans rire, sans gêne, par des hommes emperruqués qui savent pertinemment que tu ne tiendras jamais plus un flingue dans ta main de ta (courte) vie. Mais il faut des prétextes, tu comprends.
Sans crainte d'être trop long et de lasser nos lecteurs, abordons maintenant, toujours dans la droite ligne de cette affaire, le cas d'un droitard qui s'indigne des toutes dernières déclarations de Jean-Marc Rouillan.
"Je ne m'exprimerai pas outre mesure sur le scandale que constitue la parfaite bonne conscience d'un assassin, qui ne regrette en rien ses forfaits. Tout au plus me dis-je que l'expression d'un regret sincère devrait être une condition sine qua non pour pouvoir sortir de prison", nous annonce, d'une voix ferme mais sincère, cet homme de conviction.
Tu pense bien que s'il suffisait de mimer le regret pour sortir de taule, la recette aurait permis à quelques criminels de gambader dans de champêtres horizons plutôt que de crever à petit feu. Et que JMR ne se serait pas fait prier pour s'y conformer. Qu'il était tout à fait à même de jouer cette comédie-là. Que s'il ne l'a pas fait, c'est une preuve de courage et de grandeur plutôt qu'un "scandale".
"Si la Justice doit savoir pardonner, elle ne saurait pardonner qu'à des détenus qui ont prouvé que leur emprisonnement avait permis leur rédemption."
La prison et sa philosophie ne tablent pas sur la rédemption, mais sur la punition. L'unique but est un but de vengeance. Seuls les plus sots des sots croient encore que la prison a un rôle positif et constructif.
"Mais Rouillan n'a pas payé sa dette, ne peut la payer. Il demeure un éternel tueur."
Voilà la vision de toutes les droites : la criminalité est génétique. Il n'y a pas de "crimes", il y a des criminels. Sous la figure de JMR se fait jour celle du monstre. Rouillan est ontologiquement mauvais. Aucune peine de prison ne saurait lui faire expier ses crimes, nous dit l'ami Romain. L'ami Romain voulait qu'il expie des crimes qu'il ne pourra de toutes les façons jamais expier, si on suit bien son raisonnement pharaonique.
Le reste du texte est à l'avenant. La pensée de droite atteint des niveaux zénithaux, tout particulièrement avec cette phrase délicieuse que je vous invite à lire précautionneusement : "Si le dossier réalisé par L'Express peut contribuer à renvoyer l'assassin derrière les barreaux, ce n'est que justice." Traduction : si un papelard remet en taule un homme que la justice avait autorisé à sortir, ce n'est que justice. Qu'un article de presse décide de l'enfermement d'un homme dans les geôles de la République est l'incarnation, en effet, d'une bien belle justice.
Pas la notre, mais alors pas du tout. La notre, de justice (finissons-en là), existera quand seront vidées les prisons.
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Sabotage
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3.10.08
Pavés dans ta gueule : Education des instincts répressifs, Pourquoi faudrait-il punir ?, Tuez le flic qui est en vous
L'extrême droite et Sarkozy : Le Monde est enchanté
Bacqué s'esclaffe gaiement. Elle a beaucoup enquêté pour écrire son papier. Sous sa plume, la vie de Buisson est une success story, et sa relation avec Sarkozy une histoire d'amour : "C'est en 2004, en zappant sur sa télévision, où il regardait ses émissions politiques sur LCI, que Nicolas Sarkozy s'est décidé à appeler Buisson. Le journaliste marque vite un point déterminant en expliquant : "Chirac va perdre son référendum sur la Constitution européenne." Il a compulsé les enquêtes qualitatives : "Lorsque l'Europe était un rêve non incarné, les Français étaient européens, explique-t-il. Maintenant, ils ont l'euro au fond de la poche. Et ils le rendent responsable de l'augmentation des prix." Pour finir, il assène à un Sarkozy qui ne l'oubliera pas : "Le non l'emportera à 55 %. Si je me trompe, tu ne m'invites plus jamais dans ton bureau.""
Car l'auto-proclamé membre d'Occident est perspicace. Et à l'extrême droite, nous apprend la journaliste, on comprend le bas peuple. "Le véritable réservoir de voix est dans l'électorat lepéniste. Cela tombe bien, Buisson le connaît par coeur." [...] "Il fallait aller chercher l'électorat populaire, c'est-à-dire le plus culturellement conservateur, le plus réticent sur l'immigration et les moeurs". Ce type est un saint homme : prophétique, perspicace, raciste. Des attributs qui payent, en ces temps de Restauration Nationale.
Raphaëlle a visiblement le coup de foudre, en tous cas. Philou est viril et proche des gens : "Depuis, il est le gardien de la ligne. Catholique et populaire. Méfiant envers les musulmans et critique pour les élites. L'hémisphère droit du président". Méfiant envers les musulmans ! Qu'en termes galants ces choses là sont dites. Une méfiance qui ne dépasse pas, on l'imagine, les bornes du débat républicain. Une méfiance rationnelle, qui reconnaît l'importance des droits de l'homme et sait respecter la différence. Même si le zigue, "en mai 1981, entre comme journaliste au sein de l'hebdomadaire d'extrême droite Minute. Dès 1986, il en devient le directeur de la rédaction." C'est pas parce qu'on a écrit des centaines d'articles de propagande hallucinée pour Le Pen qu'on verse automatiquement dans la haine des musulmans ! Il y a un juste milieu.
Peut-être que certains ignoraient qu'un homme d'extrême droite conseillait le président (et pas qu'un peu, visiblement : ""Le président me permet une intervention sans limite", assure-t-il sans fard"). Mais Raphaëlle, elle, le sait ; et on ne peut pas dire que ça la terrifie. Une paire de couilles dans le monde délicat de la politique, ça manquait.
Et on ose parler de lepénisation des esprits ? De fascisation de la société ? Le jour où on ouvrira des camps de concentration, là on pourra monter sur nos grands chevaux.
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Sabotage
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2.10.08
Pavés dans ta gueule : A travers la presse déchaînée, Arbeit macht frei, La droite dure - très dure - trop longtemps
BHL est chefaillon de Libération, Libération adore BHL
BHL est le plus mauvais littérateur de l'histoire de notre Nation, comme le démontre cette phrase issue de la quatrième de couverture de "Ennemis publics" : "Je peux faire toutes les mises au point possibles et imaginables : je ne ferai qu'aggraver mon cas de salaud de bourgeois qui ne connaît rien à la question sociale et qui ne s'intéresse aux damnés de la terre que pour mieux faire sa publicité".
Précisons que c'est l'intéressé lui-même qui a hautement beuglé être "un peu sourd à la question sociale" (Libération 8/10/07).
BHL, donc, dont la prose boursoufflée au kilomètre n'est pas sans rappeler les chansons à texte de Michel Sardou ("Bien sûr les années ont passé, les fusils ont changé de main, est-ce une raison pour oublier qu'un jour on en a eu besoin ?"), écrit comme une merde. Et des imbécilités notoires, qui plus est.
Mais il est aussi membre du conseil de surveillance de Libération. Et à ce titre, il jouit d'une critique impartiale dans le quotidien de Laurent Mouchard-Joffrin.
"Bernard-Henri Lévy a le verbe haut, rythmé, emphatique. Ce sont les tambours du tribun, le panache, même lorsqu’il se risque aux confidences", commence Claire Devarrieux, caniche fidèle. On apprend que le père de Lévy est un "inconditionnel soutien du génial rejeton". Car doutiez-vous que BHL était "génial" ?
Grandeur du philosophe à col en pelle à tarte : "Sans aller jusqu’à verser dans la psychologie, force est de constater les tendances dépressives de l’un et la splendide volonté guerrière de l’autre. Bernard-Henri Lévy n’a pas la médiocrité des gens qui se vengent ; il enregistre les manifestations d’hostilité afin de les contrer, pour mieux les oublier. C’est un stratège. Il aime les champs de bataille. Avec une contradiction : il ne se vit pas comme une victime. Il est de ceux qui protègent, qui se sentent responsable de leurs frères humains, quitte à reconnaître le goût de l’aventure qui le pousse vers les nobles causes : il lui faut «entrer à Sarajevo avant tout le monde». Mais il concède la peur, voire la certitude, d’être un jour la proie d’une mortelle injustice." Il faut plaindre cet homme blessé. Ce héros.
Claire Devarrieux, en plus de frétiller devant le courage magnifique de celui qui entre à Sarajevo en flammes ou qui fait croire qu'il entre en Géorgie, apprécie la hauteur de vue de celui qui est à la philosophie ce que les coliformes fécaux sont au steak haché : "Son «retour» à une judéité heureuse et sans religion, la Bible, la Genèse, Lucrèce, les Epicuriens, Althusser, Foucault : la leçon de philosophie de BHL est tonique."
Tentant, n'est-ce pas ? Ce livre, en tous cas, est "une bonne nouvelle", d'après la conclusion de notre amie journaliste. De quoi redresser les places boursières, à n'en pas douter.
Cet anulingus impudique au membre du conseil de surveillance de Libé renseigne sur la dignité des journaleux joffrinesques.
Fin du capitalisme
Pourquoi n'entendons-nous plus les voix mélodieuses des Milton Friedman, Hayek, Salin palinoder ? Et les accents suaves des monétaristes hardcore, de la banque mondiale, du FMI et de la BCE ? Où sont désormais les discours responsabilistes du sarkozysme triomphant, le malthusianisme dédaigneux et l’hyper-dérégulationnisme qui a régné sans partage dans tous les champs de la société depuis 30 ans ?
Le capitalisme financier, sa spéculation, sa mystique du marché sont en train de s’effondrer et d’écraser sous leurs poids des millions de personnes. Et Sarkozy tire profit de cette crise pour renforcer sa politique (et le système) en promettant de le « moraliser ». Comme s’il en avait simplement le pouvoir…
Rappelons que Laurence Parisot était opposée à un encadrement légal des parachutes dorés il y a seulement six mois. Que Sarkozy voulait importer le système américain des « subprimes » en France pendant la campagne des présidentielles.
A partir d’aujourd’hui, que vaut la parole d’un néolibéral ? Continuera-t-on à écouter religieusement ces dizaines d’experts nous seriner que la spéculation ne fait qu’accentuer légèrement les mouvements des marchés ? Que la mondialisation est heureuse ? Que l’économie de marché est le meilleur des mondes ? Que l’Etat est un poids contre lequel il faut lever des « boucliers » (fiscaux) ? Au moment où les nationalisations pullulent sur la planète entière, les sectateurs fanatiques du libre marché vont-ils avoir encore droit au chapitre ?
Face à la clique au pouvoir qui a tout mis en œuvre pour que le système économique soit ce qu’il est, il faut opposer une fin de non-recevoir systématique. Au lieu de quoi les « socialistes » hésitent entre l’abstention et le soutien au RSA, qui accorde 110 euros supplémentaires aux exclus de ce pays. En échange, le RSA ouvrira la boîte aux effets d’aubaine, la trappe à bas salaire, à temps partiel et à emplois précaires. Heureusement que Sarkozy a "un plan" pour nous sortir de là !
Il y a quelques années, on entendait ce slogan amusant : "Le capitalisme ne s'effondrera pas tout seul, aidons-le !". En fait, il semble qu'il est précisément en train de se casser la gueule tout seul. Et que c'est nous qui allons le payer. Certainement pas les "pansus porcs de la finance".
18 jours à 758 333 dollars par jour...
"Quand tu crèves de faim dans les encoignures de New York City, USA, ou de Paris, France, jamais on ne te fait le moindre plan de sauvetage - on te montre plutôt que si que t’en es là, en faillite et mendiant comme un cauteleux bâtard une hypothétique pitance, ben c’est pour la (simple) raison que t’as laissé passer le train de la mondialisation heureuse, et où t’étais, bordel de merde, quand la dame est venue te prévenir que ta flexibilité donnait à désirer ?"
"Maintenant que tout le monde a pu vérifier que le capitalisme est l’arnaque du millénaire, où les caisses prétendument vides soudain se remplissent quand il s’agit d’organiser le sauvetage des pansus porcs de la finance : la gueusaille risque de s’imaginer, plus fort qu’hier, qu’un autre monde est possible - et que les marchés ne sont pas l’universelle panacée que disent nos journaleux." (Sébastien Fontenelle)
Il y a mieux: : Alan Fishman, PDG éphémère de la banque Washington Mutual, en faillite, est resté en tout et pour tout 18 jours à son poste. Il a touché, pour cet intermède triomphal (qui a mené l'institution à la banqueroute) plus de 13 millions de dollars. Soit, comme le calcule Libération (29/09/08), 758 333 dollars par jours.
Mais par contre, si t'es un connard de chômeur, un fils de pute d'étudiant ou un RMIste, tu peux aller te faire foutre pour avoir un ticket restaurant supplémentaire : les caisses sont vides ! Et les médicaments sont de plus en plus déremboursés pour combler le "déficit" de la Sécu : les caisses sont vides ! Les caisses sont tellement vides que 30 000 fonctionnaires ne seront pas remplacés l'année prochaine. Tellement vides aussi que les riches ont pu jouir de 15 milliards de cadeaux fiscaux en 2007.
Les caisses, prétenduement vides lorsqu'il s'agit de sauver des vies ; se remplissent pour sauver des banques. C'est quand qu'on fout le feu ?
Au moins 1000 détenus dorment à terre sur des matelas dans les prisons surpeuplées
La maison d'arrêt de Meaux (Seine-et-Marne) connaît un taux d'occupation de 165 % trois ans après son ouverture, selon les syndicats. Dans cette prison moderne, où les douches et les WC sont placés dans les cellules et séparés, l'administration a dû ajouter 110 matelas. Près d'un détenu sur huit dort par terre. Les syndicats CGT, FO et UFAP organisent un mouvement de protestation jeudi 22 mai. Trois agents ont été brûlés après qu'un détenu a mis le feu à sa cellule.
Le 16 mai, les surveillants de Bordeaux-Gradignan (Gironde) manifestaient contre l'insécurité en dénonçant un taux d'occupation de 200 %. Une semaine plus tôt, plusieurs détenus de la prison de Saint-Quentin Fallavier (Isère) avaient refusé de réintégrer leur cellule, pour protester contre le nouveau système de cantine, confié à une entreprise privée. Le secrétaire général adjoint de l'UFAP, Stéphane Barraut, dénonce "un cocktail explosif" dans les prisons. L'administration pénitentiaire tempère, en soulignant qu'il n'y a pas d'augmentation du nombre d'incidents depuis le début de l'année. Les travailleurs sociaux de l'administration pénitentiaire ont, enfin, lancé un mouvement de protestation, contre une réforme statutaire.
Avec 63 645 détenus, la population carcérale frôle, à quelques unités près, le record du 1er juillet 2004. La loi d'amnistie avait alors fait retomber le chiffre à 58 000 le mois suivant. La situation est différente aujourd'hui. L'absence d'amnistie en juillet 2007, puis l'instauration des peines planchers pour les récidivistes, en août, ont fait monter le nombre de détenus de 3 000 en un an. Secrétaire général de FO direction pénitentiaire, Michel Beuzon constate, en outre, "depuis un an", une meilleure exécution des condamnations pour les petits délits : "On voit des personnes qu'on ne voyait plus ces dernières années, qui viennent pour un court séjour." Il s'inquiète aussi du nombre de détenus qui auraient "plus de place dans des structures psychiatriques. Ils ne supportent pas l'enfermement et sont confrontés à une promiscuité difficile pour tout le monde".
La ministre de la justice insiste sur la progression des aménagements de peine et sur les placements sous bracelet électronique. Au 1er avril, 3 509 personnes effectuaient ainsi leur peine hors de la prison, contre 2 519, un an plus tôt. Promise, bien que toujours pas inscrite au calendrier parlementaire, la loi pénitentiaire devrait aussi faciliter les aménagements de peine. La chancellerie souligne que le plan de construction et de rénovation de 13 200 places, décidé en 2002, suit son cours. En 2012, les prisons devraient compter 63 500 places... soit le nombre de détenus actuel.
Mais l'administration attend 80 000 prisonniers d'ici à 2 017. L'annonce, lundi 19 mai, par Rachida Dati, d'un décret pour organiser les demandes d'encellulement individuel a été accueilli avec scepticisme. "Certains détenus ne souhaitent pas être seuls, mais c'est une minorité", constate Stéphane Barraut, de l'UFAP.
La France a été interpellée à l'ONU, le 14 mai, sur l'état de ses prisons, par le Canada, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède. Le commissaire européen aux droits de l'homme, Thomas Hammerberg, est en visite en France. Le nom tant attendu du contrôleur général des lieux privatifs de liberté pourrait être dévoilé à l'occasion de cette visite qui s'achève vendredi 23 mai.
Un coup de jeune dans les prisons
Cela commence par un film, au ton alarmiste. «A l’aube du XXIe siècle, la délinquance se durcit. En moins de dix ans, les condamnations pour violences des mineurs ont cru de 150 %», martèle le commentaire. Mardi, à la chancellerie, Rachida Dati projetait à ses invités un documentaire, condensé d’alarme sécuritaire. Il s’agissait d’instaurer un groupe de travail chargé de «réfléchir» à une réforme de l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs. Et de faire des propositions le 1er novembre. Mais le discours de la ministre de la Justice, suivi par celui du président du groupe de travail, le juriste André Varinard, à la tonalité fort proche, montre que les projets du gouvernement en ce domaine ont déjà été bien «réfléchis».
En prison avant 13 ans?
L’ordonnance de 1945 pose le principe d’une justice des mineurs différente de celle des majeurs, où l’éducatif doit toujours primer sur le répressif. Elle pose un âge minimum, 13 ans, en dessous duquel un jeune ne peut pas faire l’objet d’une sanction pénale. Il peut être rappelé à l’ordre, puni, mais par des mesures éducatives. Par exemple, il peut être suivi par un éducateur et être tenu de respecter un certain nombre d’engagements. Mais il n’effectue pas de peine.
Dans son discours, Rachida Dati a alerté sur la «forte progression de la délinquance des moins de 13 ans». Elle a jugé «pas exempte de critiques» l’impossibilité de «condamner à une peine» ces enfants. André Varinard a renchéri: il faut «trouver une méthodologie plus efficace» pour ramener les plus jeunes dans le droit chemin. A plusieurs reprises, l’idée d’appliquer des sanctions pénales, donc possiblement des peines de prison, aux moins de 13 ans a été évoquée.
Un «âge minimum» de responsabilité
L’ordonnance de 1945 ne prévoit pas «d’âge minimum» de responsabilité pénale. Cela veut dire que si un seuil (13 ans) existe pour pouvoir être condamné à une peine, il n’y a pas, en revanche, d’âge minimum pour être sanctionné d’une mesure éducative. Le juge pour enfants est chargé, au cas par cas, d’évaluer le «discernement» de l’enfant. Et lui infliger une sanction éducative, quel que soit son âge. Dati voudrait l’instauration d’un âge minimum. C’est ce que réclame la convention internationale des droits de l’enfant (Cide), qui engage la France depuis 1990. Ce «seuil», en dessous duquel aucune condamnation de quelque sorte que ce soit n’est possible, existe dans la plupart des pays européens. Mais les écarts sont énormes: 7 ans en Grèce, 10 en Grande-Bretagne, 12 en Suède, au Pays-Bas et en Italie, 14 ans en Allemagne. Le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies recommande que ce seuil minimal soit fixé à 12 ans. Que décidera la France? Vu la détermination du gouvernement à vouloir sanctionner pénalement les moins de 13 ans, on peut légitimement s’inquiéter. Dans un rare communiqué, l’Unicef France a appelé les membres du groupe de travail «à considérer que l’âge de 12 ans est l’extrême minimum».
Juger les mineurs comme des majeurs?
«Il ne semble plus possible de continuer à parler d’enfants et de juge pour enfants alors que cette délinquance concerne de grands adolescents dont les délits sont bien proches de ceux commis par les adultes», a déclaré André Varinard dans son discours. Une phrase qui fait écho aux propos de Nicolas Sarkozy. «Un garçon de 17 ans mesurant 1,90 m qui frappe à terre avec une violence inouïe un photographe ou une petite jeune fille, l’amener devant le tribunal pour enfants, il n’a plus rien d’un enfant, c’est parfaitement ridicule», affirmait-il en avril 2006. Derrière ces déclarations, deux projets. Le premier consiste à s’attaquer à la «tranche», comme dit Rachida Dati, des mineurs de 16 à 18 ans, que le gouvernement veut juger comme des adultes. André Varinard a exprimé le souhait que, «au delà de 16 ans, les mineurs puissent relever de juridictions toujours spécialisées, mais plus proches du droit commun». La brèche a été ouverte par la loi sur la récidive du 10 août 2007, qui permet de supprimer «l’excuse de minorité» lorsque le mineur est récidiviste. Et donc de prononcer des condamnations semblables à celles des majeurs. Rachida Dati a souligné mardi son intention de renforcer cette logique de gradation en fonction de la récidive «par paliers». «Aucun parcours de mineurs n’est automatique, rectiligne, avec des infractions de plus en plus graves, s’inquiète Laurence Bellon, vice-présidente du tribunal pour enfants de Lille. La notion de récidive suppose une maturité, une volonté. On ne peut pas l’appliquer aux mineurs comme aux majeurs. Il faut une souplesse pédagogique.»
Supprimer le juge pour enfants?
Le deuxième projet concerne la définition du juge pour enfants. Celui-ci a en effet, pour l’instant, une double casquette. Il ne se borne pas à sanctionner le jeune, il est aussi chargé de la protection de l’enfance, donc du suivi des mesures éducatives. Considérant qu’un enfant délinquant est aussi un enfant en danger, l’ordonnance de 1945 a voulu lier les deux fonctions. «A la chancellerie, ils ont déjà calculé qu’on économiserait 240 magistrats si le contentieux de l’assistance éducative était retiré au juge des enfants pour être confié aux conseils généraux», s’inquiète le secrétaire général de l’Union syndicale des magistrats (USM). «Le fait de s’occuper d’assistance éducative ne nuit pas à mon efficacité, au contraire, s’alarme Laurence Bellon. C’est assez semblable au rôle d’un professeur, qui à la fois punit, met zéro si on n’a pas travaillé, et qui explique, qui a une mission d’apprentissage. Le juge pour enfants, c’est celui qui apprend la loi pénale, pas qui l’applique automatiquement. Si on supprime la pédagogie, la sanction n’a plus aucune chance d’être efficace.»
Le nombre de gardes à vue a exposé en 7 ans
"On a poussé la situation jusqu'à l'absurde, surtout pour les contentieux à la mode, affirme Naïma Rudloff, vice-procureure à Paris et secrétaire générale de FO-magistrats. En matière d'alcoolémie, par exemple, on ne fait plus la différence entre un taux de 0,42 gramme et un taux de 2 grammes. Même chose pour les violences conjugales : on ne fait pas la différence entre une femme qui instrumentalise la justice en accusant son mari et une vraie affaire de violence. On place systématiquement en garde à vue."
La GAV s'installe et, bien que souvent traumatisante, se banalise. Ses conditions évoluent. Le 1er juin, les interrogatoires des personnes interpellées pour crimes feront l'objet d'un enregistrement audiovisuel. La Commission Outreau comme le Comité européen pour la prévention de la torture avaient préconisé cet enregistrement. Les mesures d'Elisabeth Guigou sont progressivement entrées dans les mœurs : les personnes interpellées peuvent requérir un médecin et s'entretenir dès la première heure avec un avocat.
Pour la police, qui en tire argument, ces droits donnent un "statut" à la personne interpellée. "Il ne faut pas tout inverser, s'insurge un juge de Bobigny (Seine-Saint-Denis). C'est parce que la garde à vue est une atteinte aux libertés que l'on a donné des droits aux personnes concernées. C'est un comble de dire que l'on prive de liberté des gens pour les protéger et leur donner des droits !"
SOIRÉES TROP ARROSÉES
La croissance est continue, mais pas dans tous les domaines. Dans les délits de moindre importance, la palme des GAV revient sans conteste aux "infractions aux conditions générales d'entrée et de séjour des étrangers" qui constituent, avec 25 983 gardes à vue en 2000 et 72 572 en 2007, soit une augmentation de… 179 %, un petit quart de la hausse générale. Vient ensuite "l'usage de stupéfiants" (42 883 personnes en 2007, 27 233 sept ans auparavant).
Pour la police, l'augmentation des GAV est à mettre en relation avec le taux d'élucidation des délits, qui atteint presque 40 %. "On ne met pas en garde à vue pour faire de la garde à vue. On met en garde à vue parce qu'on travaille plus", soutient Hervé Niel, responsable des missions de police à la direction centrale de la sécurité publique (DCSP).
De tous les services de police, la sécurité publique est la plus "consommatrice" de GAV : elle est responsable de 334 129 placements sur les 562 083 de l'année 2007. Dans un seul domaine, celui des violences intrafamiliales, le policier admet la prolifération de GAV qui n'existaient pas, ou peu, il y a quelques années, "parce que les parquets nous demandent d'être sévères contre cette violence faite aux personnes". Ailleurs, pourtant, pour des bagarres entre étudiants, des soirées trop arrosées, ou des délits autoroutiers mineurs, les témoignages affluent sur des GAV mal vécues.
Garde à vue, sanction ? Garde à vue, punition ? M. Niel chasse ces accusations. "C'est une mesure technique judiciaire qui s'opère sous le contrôle du procureur, un acte d'enquête, explique-t-il. En aucun cas, elle ne peut être considérée comme une sanction. Sinon, cela voudrait dire que l'on se fait justice nous-mêmes." Le policier précise : "Ce n'est pas le moyen d'obtenir des aveux, mais c'est pendant le temps de la garde à vue que l'on obtient des aveux."
Cette année encore, la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) a soulevé, dans son rapport d'activité 2007, le cas de gardes à vue d'une durée excessive, sans notifications des droits, ou bien ayant fait l'objet d'une pratique abusive de la fouille à corps. La CNDS insiste sur la situation de mineurs dont les droits n'ont pas été respectés. Elle cite le cas d'un garçon de 15 ans, interpellé en Seine-Saint-Denis, qui n'avait bénéficié d'aucun examen médical et a subi une fouille à corps.
"J'ai refusé de prolonger une garde à vue car la personne ne pouvait pas se doucher, explique un juge des libertés et de la détention en région parisienne. J'ai également refusé de prolonger un gardé à vue qu'on m'a présenté pieds nus !" "Une personne en garde à vue avait demandé une bassine pour vomir, relate l'avocat Christophe Grignard. On lui a donné un récipient dans lequel quelqu'un avait déjà vomi. Vous avez affaire à une personne qui peut être enfermée pour la première fois et qui est confrontée aux odeurs, aux bruits, à la tension, à la lumière permanente, à l'insalubrité de certains locaux. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive.""
République irréprochable
Vous connaissez le "Casse-toi pauv'con" de Sarkozy.
Sarkozy au salon de l'agriculture
envoyé par paola38
Vous connaissez sans doute aussi le "Salope" de Devedjian.
Quid du "tocard" envoyé par Panafieu à Delanoë ?
"C'est dire à quel point nos gouvernants sont spontanés [à propos des justifications au "dérapage" du Président par ses sous-fifres, censé être une "réponse d'homme à homme", "une conversation privée", un langage de "transparence", "sans hypocrisie"], couillus, francs du collier et gueulards comme l'est le populo... Ou du moins comme ils s'imaginent qu'est le populo.
Ce ne sont donc pas de simples dérapages verbaux auxquels ils se livrent depuis quelques semaines. Mais une volonté de communier avec la France d'en bas.
[...] Bref, on se lâche, on se débonde, on se desserre la ceinture. Et il ne s'agit pas là d'extrême nervosité, oh non, cela n'a rien à voir avec la retentissante gamelle de Sarkozy dans les sondages, ni avec cette impression de ratage généralisé, cette atmosphère de débandade d'avant les municipales. Il ne s'agit pas de se mettre à insulter tous azimuts tous ceux qui n'applaudissent pas le spectacle du Sarkocircus, journalistes, opposants politiques, simples citoyens. La preuve : les insultes sont punies de prison. Ainsi le manifestant qui, en 2004 au Forum des Halles à Paris, avait lancé à Sarko : "Retourne en Chine, espèce de Hongrois !", s'était pris 1 mois ferme. Idem pour celui qui, l'année d'après à Strasbourg, avait crié : "Sarkozy, va niquer ta mère !" et 4 mois pour celui qui, à Aubagne, avait lâché "Je nique Sarko, le fils de pute." (Note de Sabotage : Au-bagne ! hu hu hu). Ça, c'étaient de vraies insultes puisqu'elles ont été punies par la loi. "Pauvre con", "charognard", "tocard" et autre "salope" sont juste des déclarations d'amour à la France entière." (Canard Enchaîné du 27/02/08)
Et ensuite, les juges qui vont mettre au trou un type pendant 4 mois parce qu'il a insulté Sarko veulent qu'on les regarde en croyant vraiment au concept de "justice"... C'est beaucoup demander ; nous, en tous cas, à Sabotage, l'idée de "justice", non, on y croit pas, du tout.
Pour ajouter au ridicule et à la cocasserie de Sarkozy, voici ce que ce-dernier vociférait, lors d'un discours adressé à la police, à la Grande Arche de la Défense, le 29 novembre 2007 : "Pas de familiarité, de la tenue, respectez les gens. (…) Mais pensez à cela, chaque minute : vous portez un uniforme, vous êtes les représentants de l’Etat, vous devez avoir une éthique, vous devez être exemplaires. Et c’est très important, pas de fenêtre ouverte dans les voitures de patrouille avec le bras qui pend, pas de tutoiement, du respect. Respectez les autres et vous serez respectés. Je sais bien qu’on vous insulte, mais on ne combat pas les voyous avec les méthodes de voyous !". C'est-y pas beau, une Restauration Nationale...
L'épisode n'est pas sans rappeler une autre anecdote : à la sortie du livre d'Alain Badiou, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, des adeptes du Guide ont été bouleversé par l'odieuse terminologie employée par le philosophe à l'endroit de Sarkozy : "L'homme aux rats" ! Et ces virils malabars de renvoyer Badiou au "stalinisme", à l'antisémitisme, à l'invective pamphlétaire, au raciste de la pensée, à l'intolérant totalitaire. L'homme aux rats ! Comment accepter qu'un gauchiste insulte et méprise de façon aussi répugnante la fonction et la personne de Nicolas Sarkozy ? Intolérable !
C'est oublier un peu vite le langage de marcassin de caniveau que le même Sarkozy emploie, non seulement avec ses ennemis (Villepin, Chirac, Debré, et tous les autres) mais également avec ses collaborateurs. La lecture de "la mare aux canards" dans le Canard Enchaîné renseignera utilement les loutres cocaïnées qui hurlaient au blasphème antiprésidentiel et au crachat "rappelant les années sombres de la presse des années trente", pour reprendre la formule consacrée, à la sortie du bouquin de Badiou.
Jean Sarkozy, clône, héritier, vassal
JEAN SARKOZY ENTRE DANS L'OPPOSITION
envoyé par rue89
Vive Marcela !
Marcella, à la fin de l'émission, présente un livre de son "mec" Patrice Maniglier ; profitons-en pour parler ici de l'Anti-manuel d'éducation sexuelle, signé Marcela et Patrice Maniglier, qui reprend les thèmes de Qu'avez-vous fait de la libération sexuelle ? mais en décuple la portée, la rigueur et la qualité. Une bible.
Qu'avez-vous fait de la libération sexuelle ?
L’heure était venue pour nous, Sabotage, de nous pencher enfin sur un sujet qui mérite amplement que nous y introduisions un peu de notre esprit critique et déconstructeur : la sexualité. Le sujet étant vaste, nous avons dédié nos nuits blanches à la recherche d’un premier angle d’attaque, jusqu’au jour où est tombé entre nos mains un court essai de Marcela Iacub, intitulé Qu’avez-vous fait de la libération sexuelle ? (qui date de 2002 et est édité chez Points en édition poche). Le texte prend la forme d’une fiction ludique, au cours de laquelle une héroïne astucieusement nommée Louise Tugènes, dans la pure tradition des Ingénus littéraires, avance dans un monde qui veut se faire croire a tout prix que la « libération sexuelle » est un acquis alors que, manifestement, il n’en est rien. La théorie de Marcela Iacub est la suivante : initialement voué à combattre la « domination masculine », le féminisme majoritaire, une fois institutionnalisé (politiquement, socialement, intellectuellement) a sciemment abandonné le projet de donner aux femmes les conditions d’accès au pouvoir et à l’indépendance, pour au contraire affaiblir les hommes au moyen d’un arsenal moral, rhétorique, législatif, tout en maintenant les femmes, de fait, dans une position d’asservissement.
Ainsi en est-il de la loi sur la parité des listes électorales, qui revient à considérer que les femmes n’ont pas les capacités suffisantes pour s’en sortir sans qu’on leur mette le pied à l’étrier. Ainsi en est-il de l’instrumentalisation qui est faite des « tournantes » : au nom d’une idée de
Contre cette tendance du féminisme contre-révolutionnaire qui s’appuie sur la mise en valeur de prétendues différences, voire de conflits fondamentaux, indépassables et structurants entre les hommes et les femmes (ou encore entre l’Homme et
Car en plus de la question du féminisme, dont Marcela Iacub traite dans les grands largeurs, c’est également à celle de la place du sexe dans la société que s’attaque Qu’avez-vous fait de la libération sexuelle ? . Les exemples récurrents de la pornographie et de la prostitution en disent long sur la normalisation que la culture tente d’imposer à la sexualité des acculturés.
En plus des thèmes que nous venons de citer, il faut également évoquer les questions délicates car plus minoritaires telles que l’instrumentalisation de la parole des enfants dans les affaires de pédophilie, la définition même de ladite pédophilie (dont des parents et des associations paranoïaques abusent jusqu’au délire), de la pénalisation du viol (presque autant que le meurtre dans la loi française !) et de la très ténue notion de consentement, que Marcela Iacub traite quasiment comme une scientifique, avec une rigueur dont on oublie trop souvent qu’elle est indispensable dans ce genre de débats.
« Anti-féministe parce que féministe, et inversement », Qu’avez-vous fait de la libération sexuelle ? est, à notre sens, la pierre d’où il faudra partir pour reconstruire ce que les féministes d’hier ont laissé tomber.
Au Figaro, la loi du talion règne
CSP aime beaucoup faire une chose : citer les commentaires de lecteurs qui ornent les articles de nos brillants journaleux. Il faut avouer que c'est un sport passionnant.
Nous mêmes, nous faisons ce petit jeu depuis quelques temps, et nous sommes frappés d'une chose : la violence des commentateurs du Figaro.fr. Pour bien s'en rendre compte, il faut lire tous les comptes-rendus de faits divers (agressions, violences, meurtres). Et sous ces comptes-rendus distanciés, l’ahurissant lamento des lecteurs du Figaro, qui réclament systématiquement la fin de l’indulgence et de la « culture de l’excuse », la pendaison, le rétablissement de la torture, etc.
Si les commentateurs du Figaro étaient magistrats, il y aurait une charrette de cinquante condamnés à mort quotidiens. Et autant d’incarcérés à vie. Leur soif de répression s’accompagne d’un regret de ce temps-jadis où les méchants étaient tués, mis au bagne, où les jeunes étaient bien éduqués, et où on ne trouvait pas des excuses systématiques, dans le contexte social, à la criminalité.
Pas étonnant que les lecteurs d’un journal de droite soient de droite, pourra-t-on rétorquer. Ce qui frappe, ce qui fout la trouille pour être plus précis, c’est le nombre de revanchards, l’interminable litanie des appels au meurtre, et la redondance mécanique, à chaque fais-divers, de ce type de réactions.
Actualité de la barbarie, en somme.
Par
Sabotage
le
2.1.08
Pavés dans ta gueule : Education des instincts répressifs, Pourquoi faudrait-il punir ?
UNEF, pour Syndicat Bayrouiste Jacobin
Oui, nous sommes bien cruels de nous attaquer à l'Union Nationale des Etudiants de France, mieux connue sous le nom d'UNEF, tant cette archaïque institution semble d'ores et déjà vouée à la déchéance pure et simple. Mais la pitié n'est pas notre point fort, et puis l'UNEF demeure le syndicat étudiant majoritaire dans notre Douce France. Penchons-nous donc sur quelques détails expliquant leur attitude pour le moins chaotique pendant le non-événement de la "mobilisation étudiante", organisée en même temps que celle des cheminots et autres défenseurs des régimes spéciaux de retraite.Tout d'abord, notons que la mobilisation étudiante date non pas de la rentrée, comme prétend le décréter l'UNEF, mais bel et bien de cet été, au moment où le sémillant Bruno Julliard avait eu le courage d'apporter, si besoin était, une caution "dialogue" au gouvernement Sarkozy. Souvenez-vous : en sortant de chez Valérie Pécresse, il s'était extasié devant ses "qualités d'écoute", et voyait se profiler un avenir radieux pour l'UNEF et donc (!) pour les étudiants de gauche sous le quinquennat Sarkozy.
Pendant ce temps, donc, les syndicats de gauche appelaient à la mobilisation contre la Loi Pécresse sur l'"autonomie" et la "responsabilité" des universités, dont l'UNEF avait participé à l'élaboration. La mobilisation commence, lentement, sans le moindre relais médiatique, tandis que la loi est votée à l'Assemblée pendant les vacances.Julliard est content.
Mais tout cela, Julliard and Co. le savaient déjà bien avant de se lancer dans l'épineux projet de copiner avec la Sarkocratie. Pourquoi donc avoir négocié avec Pécresse, en sachant que cela va contre les fondamentaux de l'UNEF et que l'électorat ne sera pas dupe une seule seconde ? La réponse se trouve dans les modalités de la loi elle-même, et plus précisément dans ce que l'UNEF est parvenue à négocier : non pas un projet pour l'université, mais bel et bien un projet pour l'UNEF. Devant la détermination forcénée d'un gouvernement de stackhanovistes ultralibéraux, le syndicat bayrouiste a négocié la dissolution, et donc la réélection, des conseils centraux étudiants (CA, CEVU et CS), de manière simultanée dans toute la France. Ce cas de figure est extrêmement rare, mais l'enjeu en vaut la chandelle car ce sont lesdits conseils qui votent à leur tour pour les élus CNESER (non, nous ne traduisons pas le jargon technique) qui apportent à leur syndicat des subventions considérables, de l'ordre de plusieurs dizaines de milliers d'euros par élu et par an, si l'on en croit une source syndicaliste désireuse de rester dans l'anonymat.
On comprend mieux pourquoi l'UNEF, anticipant avec génie le très imprévisible parachutage de Julliard dans les listes PS des municipales parisiennes, avait tout intérêt à foncer vers la caisse. Car ce n'est pas dans la résistance au gouvernement que l'UNEF risque de s'illustrer, et cela ne date pas d'hier. Déjà pendant le CPE l'UNEF avait récupéré la mobilisation pour en fin de compte flinguer Villepin en négociant avec Sarkozy, ce qui lui a servi la présidentielle sur un plateau. Du coup, grâce à Julliard and his underground beautiful punk sexy band, on n'aura pas le CPE mais le contrat unique. Merci les cocos.Mais revenons à nos brebis. L'UNEF, en perte de vitesse, négocie avec le gouvernement, en abandonnant son projet fondateur, pour mettre la main sur un maximum de subventions et permettre à ses hiérarques de se hisser dans l'organigramme socialiste afin de capitaliser leur engagement dans le cadre d'un véritable plan de carrière. Or, la mobilisation prend de l'ampleur, et les "mouvements sociaux" commencent à pointer leur nez : que peut donc l'UNEF pour ne pas passer aux yeux de ses contemporains pour un aréopage de rabat-joie, boit-sans-soif, peine-à-jouir etc ? La réponse est bien simple : faire diversion.
Le syndicat des jeunes bayrouistes organise donc, simultamément aux cheminots, une mobilisation de grande ampleur, histoire de ne pas rester dans l'ombre au moment des "tensions sociales", histoire de "s'approprier" le mouvement étudiant. Vu les moyens, les contacts et les relais politico-médiatiques dont dispose la bande à Julliard, l'opération ne s'avère pas d'une grande difficulté. Ce qui est moins évident, c'est de faire croire aux étudiants qu'on ne les prend pas pour des cons en négociant une loi à laquelle on finit par s'opposer, mais le but est moins de convaincre les étudiants politisés que de marquer l'opinion.
A ce moment là, l'UNEF confisque la parole médiatique étudiante et délègue ses représentants sur tous les plateaux de télé de France et de Navarre, où ils se défendent tant mal que mal du caractère "politique" de leur mobilisation, contre l'opinion de la majorité des étudiants mobilisés qui resteront dans l'ombre. Et c'est heureux, car le syndicat bayrouiste universitaire n'a pas vraiment la cote chez les étudiants mobilisés depuis belle lurette et qui voient clair dans leur jeu : ainsi l'Assemblée Générale de Paris 8 a-t-elle voté la dissolution de l'UNEF dès le début de l'ingérence de la tribu Julliard dans le mouvement étudiant. Trop émus sans doute, les médias français n'ont pas cru bon d'en faire état.
Ainsi, deux ou trois manifestations et quelques séances de petits fours chez Pécresse plus tard, Bruno Julliard revient sur les plateaux, la bite en fleur, prévenir ses chers kamarades que la mobilisation est finie parce qu'il a obtenu les compensations qu'il désirait (deux ou trois mini-mesurettes, pour le principe). De plus, à l'en croire, ceux qui continueraient de manifester seraient des crétins "irréalistes", qui "décrédibiliseneraient" le mouvement. Un hasard exquis a voulu que les cheminots de la CFDT abandonnent la grève au même moment.
Cette dernière phase du spot publicitaire de l'UNEF nous a offert en outre un grand moment d'humour lorsque l'éternel Bruno Julliard, sur le plateau du Grand Journal de Canal +, se voit poser par un spectateur la question "où est le PS ?". Pour faire de l'humour, Bruno Julliard regarde autour de lui, dans tous les sens, sous sa chaise, dans le public, dans son cul, avant de statuer : "je ne sais pas, je ne le vois pas".
Aujourd'hui, Bruno Julliard est sur les listes du Parti Socialiste aux municipales du 9ème arrondissement de Paris. Le Syndicat Bayrouiste Jacobin, quant à lui, a massivement envoyé ses VRP dans toute la France, et a triomphé sans gloire aux élections des conseils centraux.
Et, même si ça n'a rien à voir, la mobilisation étudiante continue.
Par
Sabotage
le
24.12.07
Pavés dans ta gueule : Equarrissage, La droite dure - très dure - trop longtemps
Perpétuité
Yvan Colonna est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. La veuve du Préfet Erignac s'en réjouit tout à fait. La perpétuité est une condamnation qui consiste à enlever à quelqu'un le sens de sa vie ; mais au-delà, le sens du temps, le sens des jours, le sens des mots, le sens de tout geste. Il s'agit donc d'une forme de supplice particulière, qui est un supplice non-violent qui se révèle, en dernière analyse, la plus affreuse de toutes les manifestations de la pulsion sadique-répressive.
Les belles âmes humanitaristes s'indignent face à la survivance de la peine de mort dans beaucoup d'Etats. Ils ne leur vient pas à l'idée que la réclusion criminelle à perpétuité est une peine aussi barbare que la première, quoique procédant différemment.
Serge Coutel, condamné à perpète, dans l'Envolée :
"Quand tu sais que tu es en train de faire perpète, ce n’est pas simplement un jour après l’autre, non : chaque jour, tu fais perpète en entier, avec les souvenirs anticipant de plus en plus tes souffrances à venir. Et cette solidification des heures, quand elles se cristallisent en une gelée vitreuse... Et la vie qui devient une maladie... C’est la plus terrible institution de notre époque que cette justice, fatiguée de surenchérir sur le crime qu’elle prétend punir, ne crucifiant plus, n’écartelant plus, ne dépeçant plus, n’empalant plus, ne brûlant plus et, même, ne décapitant plus. Il n’y a plus ni fer, ni roue, ni gibet, ni bûcher, ni rien. Ce qui remplace tout, c’est le temps. La vie amputée du temps ! C’est ça la prison : du temps infligé dans sa nudité. On ne tue pas, on laisse mourir."
Le même Serge Coutel ajoutait : "J'en ai marre de voir l'assassin amateur condamné par des assassins professionnels. C'est à en vomir, c'est à en pleurer, c'est à en souhaiter la fin du monde".
Un magistrat qui condamne quelqu'un à la perpétuité est un tortionnaire - et, partant, autant un assassin que l'assassin qu'il condamne.
Par
Sabotage
le
14.12.07
Pavés dans ta gueule : Education des instincts répressifs, Pourquoi faudrait-il punir ?
Prisons : un jour il faudra bien les ouvrir...
A l'occasion de cette semi-libération, les journaux télévisés affichent en médaillon la photo sordide de Rouillan il y a plus de vingt ans, histoire d'entretenir les fantasmes sur ce terroriste rouge. Car il pourrait bien récidiver ! C'est du moins l'opinion du Parquet (qui a plusieurs fois fait appel de sa libération conditionnelle). Bouh la vilaine tête :
Il n'est pas commode, le Rouillan, et il pourrait bien reprendre ses activités subversives ! D'autant plus que la prison, c'est rarissime, n'a pas réussi à le détruire. Ses chroniques et ses livres montrent qu'il n'a aucune illusion sur l'état actuel du monde : dehors, c'est le capitalisme, c'est-à-dire, peu ou prou, la merde.Le rapport sur les prisons françaises montre donc qu'il s'agit d'un lieu de torture, où les conditions de vie diffèrent finalement assez peu de celles d'un goulag.
"A l’unité d’hospitalisation sécurisée du centre hospitalier de Moulins-Yzeure (Allier), la délégation du CPT a constaté que «les détenus étaient systématiquement attachés à leur lit, sans interruption, le plus souvent avec des entraves aux chevilles et avec une main menottée au cadre du lit». Les demandes formulées par le personnel médical pour les enlever, «afin de permettre les soins dans des conditions médicalement acceptables, étaient systématiquement refusées par les surveillants et les policiers accompagnants»" (source)
On s'la fait à la Alain Badiou ?
Nous, à Sabotage, nous ne disons pas que les prisons françaises ressemblent à Auschwitz. Nous disons que ce dont les prisons françaises sont le nom participe de la grande névrose collective de la répression et de la vengeance qui a abouti à Auschwitz. Partout où les hommes sont isolés et enfermés, il y a la pulsion sadique-répressive - et de ce point de vue, toutes les geôles de l'histoire forment un gigantesque continuum. Ce dont elles sont le nom, c'est l'enfer.
Par
Sabotage
le
11.12.07
Pavés dans ta gueule : Education des instincts répressifs, Pourquoi faudrait-il punir ?
Le Plan B nouveau est arrivé !
- La confiscation de la parole publique par les partis de l’Ordre avec la complicité des médias (en s’appuyant sur le contre-exemple de la campagne présidentielle où un minimum d’égalité est de mise dans les temps de parole entre tendances politiques)
- L’ex-communiste et désormais ultra-néo-libéral-conservateur Jacques Marseille qui s’est fait lécheur de boules de l’UIMM le temps d’un bouquin
- Les médias américains dans leur traitement de l’époque du CPE
- Les médias français dans leur traitement des grèves des transports et des universités
- La virginité gauchiste que les BHL, Philippe Val, François Hollande et consorts ont voulu se racheter avec le meeting au Zénith pour combattre l’amendement Mariani
- L’arrivée au Canard Enchaîné de Jean-Michel Thénard, gros ploucard venu de Libé
- La nouvelle gestion de Sciences-Po, qui permet aux riches de donner aux riches
- Robert Ménard, gros trouffion qui se fait passer pour humaniste avec Reporters Sans Frontières tout en cautionnant les pires excès des pouvoirs en place d'un monde « libre » autoproclamé
Le journal est toujours aussi drôle, cinglant et précis dans ses attaques et autres déconstructions. Que gloire lui soit rendue !
Petit jeu : classez les personnalités suivantes par l’ordre croissant dans lequel le Plan B les fusille :
1. Philippe Val
2. BHL
3. Jacques Marseille
4. Laurent Joffrin
5. Robert Ménard
Quand les pro-Opinion Way contre-attaquent
"Tu oublies le sondage OPinionway LCI / figaro / metro du 5 mai dernier qui sur 30 Millions de sondés a donné Sarko gagnant avec 53.1% des voix... A ces salops de Droite, ils prennent vraiment le peuple pour des cons ..."
30 millions de sondés ? Ils ont les moyens, à OpinionWay ! Lorsqu'on sait qu'un sondage n'a jamais pour but de prédire un résultat mais de donner une image de l'opinon à un instant T, cet argument va typiquement au rebours de la thèse que l'auteur souhaitait défendre. Car si OpinionWay prétend avoir les clés pour anticiper et prédire les résultats électoraux, alors la preuve est faite qu'il s'agit bien de charlatanisme pur et simple. Ajoutons, comme le signalent les autres commentateurs de l'article, qu'un sondage qui fonctionne avec plus ou moins 2% de marge d'erreur se fout de la gueule du monde en donnant des chiffres au dixième de pourcentage près... Ou comment donner l'apparence d'un savant calcul statistique à des résultats grossiers et vagues. Des chiffres précis, un commentaire pseudo-politologique, et hop, emballé c'est pesé !
La deuxième réaction, toute aussi anonyme que la première, nous provient d'un gentilhomme ayant une "formation socio". Travailleur social ? Sociologue ? Sociopathe ? Nous n'en saurons pas plus. Outre le fait qu'il a "prit le temps de faire des recherches". Bigre ! Si avec ça on a pas l'impression d'être en face d'un scientifique présentant toutes les marques de l'objectivité intellectuelle...
"C'est assez étonnant cet intérêt soudain pour cet institut. De formation socio, je cherchais des avis sur les sondages. Alléché par la promesse de scandale de ce blog, j'ai pris le temps de faire des recherches. Et là, le soufflet retombe et c'est assez agaçant.
Tout d'abord, il est difficile de savoir si un institut de sondage dit vrai ou non, à moins de faire... un sondage ou d'attendre les résultats d'élections."
Brillante idée ! Un sondage pour savoir si les sondages sont fiables... C'était simple mais il fallait y penser. L'autre idée est également intéressante : attendre les résultats des élections pour savoir si le sondage "disait vrai". Notre sociologue en peau de lapin devrait le savoir : un sondage n'a jamais pour but de "dire vrai", ni de prédire quoi que ce soit ; il a pour objectif de mesurer l'opinion et ses mouvements. Si l'on suit le raisonnement de notre chercheur au CNRS, un sondage qui prédirait correctement les résultats électoraux par une nouvelle méthode à base de comptage du nombre de poires et de pommes sur un marché, et après des redressements qui s'imposent (un poireau vaut 1,2 pommes et les ménagères de plus de cinquante ans seront sous-représentées dans l'échantillon final à raison d'une ménagère pour deux artisans-taxi), aurait donc "dit vrai". Peu importe la méthode, nous dit l'ami, seuls importent les résultats. Et si les résultats sont justes, ou concordants, c'est que tout va bien.
Quelle subtile épistémologie... Qui n'est pas sans rappeller le fameux "as if" de Milton Friedman : toute cuisine intello, même la plus fantaisiste, se justifie si ses résultats sont plausibles. Bravo ! Et cet argumentaire est également celui... d'OpinionWay itself ! C'est là que notre théorie du complot nous séduit particulièrement. Car souvenons-nous de la réaction d'OW à leurs bricolages sur les débats internes au PS : "A OpinionWay, on est plutôt contents du résultat : « les chiffres corroborent ceux des autres instituts »". Tant qu'on est pas trop loin des autres, tout va bien.
"Il se trouve que les sondgaes électoraux de cette boîte attaqués avant les élections ont donné des résultats quasi parfaits, et dans la moyenne des autres sondeurs (auraient-ils piégé les urnes ou fabriqué l'opinion ?)."
Des résultats "quasi-parfaits" ? Wahou ! Et "dans la moyenne des autres sondeurs". Quand on pense que les sondages sont déjà de grossières moyennes, être dans la moyenne des moyennes est effectivement un signe de "quasi-perfection".
"Pour ce qui est de leur panel, il est plus réaliste de l'évaluer à 40000 qu'à 2000. Tous ceux qui disposent d'un minimum de formation sur le sujet t'expliqueront qu'avec 40000 personnes c'est déjà difficile de réaliser un sondage par mois alors 2000..."
Tiens, encore du métadiscours du genre "je dispose de la vérité sociologique et pas vous". Marrant, ça. Surtout que l'argument est d'une nullité sans pareille. Que vient faire le "réalisme" dans tout ça ? Quel est le chiffre exact donné par OW sur son super panel ? A partir de quand appartient-on de fait au "panel" en question ? Quand on a cliqué sur un sondage online ? Quand on reçoit un petit cadeau ? Quant à dire que c'est difficile de réaliser un sondage avec 40 000 répondants virtuels, c'est précisément ce que nous disons.
"Comment expliques-tu que Marianne serait mieux informé que les dirigeants de cette boîte et ses clients (crois-moi que dans cet univers les clients ne sont pas des imbéciles et se renseignent). A moins bien sur de considérer que Marianne est un canard totalement indépendant, apolitique et suffisamment professionnel pour ne jamais se tromper (il y a pas mal de tribunaux qui en ont décidé autrement ces dernières années)."
Une première couche dans le genre "On peut pas savoir", "tout est dans tout est réciproquement", "y'a du vrai partout", "personne n'a le monopole de la vérité", etc. Un discours hautement sociologique et rigoureusement scientifique. Un argumentaire béton.
"Aurais-tu un exemple précis d'un résultat sorti par cet institut et qui soit contredit par un autre de façon significative, au même moment, avec une question comparable ?"
Non. Ce raisonnement est d'ailleurs tout à fait pervers. Il revient exactement à celui qui consiste à dire que OW avait fini par sortir, après deux-cent cinquante "politoscopes", comme ils disent, un chiffre concordant avec les résultats de la présidentielle. Ce n'est pas parce qu'il y a un sondage "bon" (avec beaucoup de guillemets) qu'on peut dire qu'OW est globalement fiable. En outre, comparer des sondages entre eux, c'est comparer des échantillons différents, des méthodes différentes, des moyennes et des redressements différents - donc des pommes avec des poires. Quand bien même il y a concordance dans leurs résultats, cela ne démontrerait que mieux l'absence totale de scientificité des sondages.
"Dernière chose, quand on se renseigne sur cet institut, on remarque que s'ils ne sont pas nouveaux, c'est un des plus récents (2000) et qu'ils sont en train de se développer très vite (ça c'est le marketing car le politique ne paye pas), attention à ne pas se faire manipuler par des concurrents qui voudraient s'en débarrasser à bon compte. Ca s'appel de l'intelligence économique, un truc vieux comme le monde. Quand on veut se débarrasser de son chien on dit qu'il a la rage."
Mais bien évidemment ! Sabotage est "manipulé" par Roland Cayrol de CSA (détenu par Bolloré) et par Pierre Giacometti d'Ipsos (présent à la soirée Sarkosy du Fouquet's) !
Voilà la deuxième couche relativiste, du genre "On peut pas se prononcer", "les sondages se trompent peut-être mais Yvette Horner aussi (donc c'est pas grave)", etc. Epatante démonstration !
"En 2002 tout le monde s'est foutu de la gueule des sondeurs (en oubliant de remarquer qu'à 0.2% prêt Jospin serait passé devant), cette année ils ont donné des résultats très fiables dès janvier. Ségolène s'est énervée contre les sondages mais si tu vas sur son site partisan segoloscope, tu constateras que lorsque les sondages lui sont favorables, elles les utilise en boucle."
En 2002, les sondages se sont trompés mais ils étaient pas loin d'avoir raison ! Bravo !
"Il faut savoir faire la part des choses. A force de flinguer à tout va cet espace de liberté bien nécessaire qu'est Internet va finir par perdre toute sa crédibilité."
Une troisième couche - "faire la part des choses", "chacun dit sa vérité", "si ça existe c'est que ça doit être vrai", etc. A quand "OpinionWay a droit au respect qui échoit à toute entreprise engageant des personnes humaines" ? Avec de si solides arguments, notre contradicteur ne doit pas se faire de souci pour son doctorat en sociologie électorale.
"Si tu as des exemples précis qui prouvent qu'ils bidonnent, donne-les !!!"
D'un mot, pour finir : OpinionWay ne "bidonne" pas, OpinionWay alimente en chiffres fantaisistes et farfelus des organes de presse de grande diffusion en pratiquant des méthodes totalement dépourvues de scientificité, en orientant les questions et en fournissant des interprétations grotesques et politiquement marquées.
AJOUT 17h00 : Sur le site d'OpinionWay, ce petit mot : "OpinionWay a été injustement mis en cause par Madame Royal dans son livre "Ma plus belle histoire, c'est vous". Les dirigeants ont tenu à lui adresser une lettre de mise au point."
Voici la lettre en question.
Bruno Julliard, futur maire-adjoint de Paris
Bruno Julliard démissionne de l'UNEF. Savez-vous pourquoi ? Parce que Bertrand Delanoë lui a proposé le poste de maire-adjoint de Paris pour 2008.Pourtant, le nul de l'UNEF, pro-Pécresse et complaisant avec le sarkozysme de façon totalement inédite pour un syndicaliste étudiant, n'aime pas beaucoup le PS : dans le Grand Journal de Denisot, on lui pose la question "Il est où, le Parti Socialiste ?". Julliard se retourne et cherche sous son siège... Sympa !
Julliard était également mandaté, par Pécresse, pour "faire passer" en douceur la loi LRU auprès des syndicats plus radicaux ; en se raccrochant à la mobilisation pour réclamer seulement des "compensations".
Il a également dû s'engager "contre" la loi LRU qu'il avait contresigné pour assurer la réelection des membres de l'UNEF qui a lieu dans quelques semaines...
Quel panache. Bruno Julliard est un homme aux nobles engagements, qui ne transige pas avec ses convictions personnelles, et ça fait zizir.
